Un nouvel ordre : Vers l’Internet contrôlé ?

L’histoire qui va suivre pourrait hérisser les pois des défendeurs des libertés.

En effet, lundi à Dubaï, pays des droits de l’Homme, ITU (International Telecommunication Union) va se réunir pour redéfinir la gestion d’Internet. Depuis sa création, c’est l’ICANN qui gère les noms de domaine et la colonne vertébrale d’Internet. Cette agence est gérée par le ministère des armées US. La réunion qui débutera le 3 décembre essaiera de redéfinir la gestion d’Internet, de quoi alimenter les peurs et les inquiétudes de millions d’utilisateurs de ce réseau International.

L’ITU : qu’est ce donc ?
L’Union internationale des télécommunications est une agence des Nations Unies qui a précédé l’ONU et le téléphone. Créé sous le nom d’Union télégraphique internationale en 1865, il rend compte actuellement un effectif de 193 pays et près de 700 entreprises et institutions de recherche, qui développent des traités qui établissent des normes techniques et des objectifs pour le développement des réseaux de communication à travers le monde.

L’ITU réalise depuis ses débuts une veille dans le but de proposer des idées, des réformes. Plusieurs membres critiquent la gestion d’Internet par des politiciens américains alors que les américains ne font pas confiances à la gestion internationale. Rappelons que ce sont les américains qui ont créé en premier le réseau international : Internet.

Que propose-t-elle ?
L’ITU veut une gestion onusienne d’Internet. Les membres (politiciens internationaux et membres du secteurs privé) ne veulent plus de faire dicter la gestion d’Internet mais plutôt une gestion par les états membres (170).  Les discussions sont restées secrètes et peu de personnes sont au courant de ce trame derrière notre dos. Tout est flou et comme l’a dit Martine Aubry à plusieurs reprises, quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup…

Même la gestion des membres est opaque. Les chercheurs universitaires devront s’acquitter d’une cotisation de 4 000$, trois fois plus ce que le secteur privé paye pour l’ICANN. De plus, dans une dernière résolution, le parlement Européen a déclaré qu’il regrettait cette gestion opaque qui pourrait affecter de manière substantielle l’intérêt public.

Ce flou inquiète donc tout le monde et les fuites des idées et des objectifs de cette réunion ne fait que la crainte des citoyens.

Prendre le contrôle :
Les Etats membres veulent contrôler Internet. Ils ne veulent plus que ce soit l’ICANN qui gère mais bel et bien leur service, comme le soutient la Russie, autre pays des droits de l’Homme. Les Etats veulent également écarter le pouvoir du secteur privé pour gérer l’Internet.

C’est un raccourci un peu rapide mais l’idée est là. L’ICANN élargit sa lise de membre dans le but de mieux représenter les acteurs d’Internet alors que l’ITU veut uniquement y voir siéger les pays.

La Russie peste donc contre sa dépendance envers les USA. Et ce n’est pas la seule. Nous nous doutons que la Chine ou la Corée du Nord la soutiennent.

Il y a aussi des demandes « logiques » dans le but de mieux contrôler la fraude internationale via Internet. Mais d’autres veulent tout simplement filtrer Internet. Chose que certains pays font déjà.

Une taxe pour financer les pays en développement.
L’idée est bonne sauf que quand vous lisez les lignes de l’accord, ça devient tout de suite moins bien. En effet, le but est de faire payer une taxe pour le transit d’information. Un pays devrait payer pour recevoir des informations et gagnerait de l’argent s’il en envoie. L’information serait alors un bien d’échange. Et un pays qui ne pourrait payer pourrait se voir fermer les robinets d’informations. En gros, il pourrait se voir écarter du réseau international.

L’idée n’est pas nouvelle puisqu’un FAI Suédois a présenter un plan pour faire payer les utilisateurs de Skype, en plus de leur abonnement classique. Aux USA, A&T veut en faire de même et propose même de faire payer les développeurs d’applications qui auraient besoin de bande passante pour fonctionner. Mais bizarrement, quand ça se passe sur le sol américain, il y a moins de contestation.

Le fait de filtrer Internet n’est pas nouvelle. L’idée est de légaliser ce que font déjà certains dans le but de taire l’opposition politique ou pour faire respecter les droits d’auteur.

L’opposition se met en place.
Google est le premier à se faire entendre. Il dénonce le filtrage et les taxes. « Un monde libre ne peut se faire sans un Internet libre ». Il a d’ailleurs mis en ligne une page sur ce sujet où vous pouvez le soutenir (cf : ici). La chambre du Commerce américaine est logiquement contre. Il y a aussi plusieurs fondations non gouvernementales qui se sont exprimées contre sans oublier la maison blanche et le parlement Européen.

La réunion de l’ITU se déroulera donc du 03 Décembre au 14 Décembre à Dubaï.

Voici une vidéo de la campagne de Google :

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