L’UE choisit un accès Internet à la carte !

Neelie Kroes ajoute son pavé dans la marre #Adgate : l’affaire des blocages de publicité par Free.

Alors que Free continue son bras de fer contre Google en n’activant pas par défaut son script de blocage de publicité et en l’étendant à son réseau Freemobile, le PdG de France Telecom – Orange Stéphane Richard critique ouvertement l’attitude de Free « il ne faut pas prendre les usagers en otage ». En même temps, M. Stéphane Richard dit tout de même que sa société a bien un accord avec Google pour le financement des accès car Orange est présent à l’international, à l’inverse de Free. Free ne pouvant faire pression sur sa stature international, ils ont donc préféré un autre choix qui peut être discutable mais qui peut être efficace.

5RrWmFree ne désire pas un Internet à plusieurs vitesses.

Avec Free, tu as tout compris. Tel est leur slogan à prendre dans les deux sens : vous êtes doués car vous avez pris une offre avec tout à l’intérieur pour un prix unique. Free est donc arrivé en septembre 2002 avec sa première Freebox en incluant tous ses services dans un même prix. Ce lancement avait mis à mort plusieurs opérateurs Internet tel qu’AOL. A l’époque, Internet était accessible avec des abonnements assez onéreux et à la carte. Pour chaque service supplémentaire, il fallait allonger la carte bleu. Depuis 2002, tous les FAI se sont alignés sur les offres de Free.

Google change la done.

Mais depuis, nous connaissons le web 2.0 où les internautes deviennent acteurs d’internet. Et ceci demande beaucoup plus de bande passante et de connexions avec les différents services : Google, Dailymotion, Spotify, Deezer, la VOD. Cela demande des investissements important de la part des Fournisseurs d’Accès Internet (FAI). Ces derniers ne veulent pas augmenter leur prix client, ils vont donc aller chercher l’argent là où ils peuvent : chez ces géants d’Internet qui engendrent des millard de dollars sans financer aucune structure. Or c’est cette structure qui coute très cher. Certains comme Orange ont réussi à négocier grâce à leur poids, mais d’autres plus petits ont plus de difficultés à ce faire entendre : Free ou SFR par exemple. Du coup, ils ne peuvent suivre le financement d’Orange vis à vis des structures obligeant leurs abonnés à être filtré pour tel ou tel service.

Free a donc mis en place un bridage.

Ce n’est pas une nouvelle, Free bride donc les services gourmands en bande passante n’aidant pas au financement du réseau tel que Youtube de Google. Que vous soyez chez Free ou Freemobile, les services gourmands sont bridés aux heures où il y a un engorgement dans les tuyaux.
Ce débat est à son plus haut niveau en France : critiques de la concurrence et mise devant la justice par UFC – Que choisir ainsi que débat au sein du gouvernement. Free met juste le doigt sur un financement du réseau à deux vitesses : les gros s’en sortent mais pas les plus petits face à la demande de la bande passante (le tuyau qui permet d’avoir une bonne connexion).

Neelie-KroesL’UE n’est pas contre un Internet à plusieurs niveaux, à la carte donc.

Neelie Kross, commissaire européenne chargée de la société numérique depuis 2009, n’est pas contre un Internet à la carte :

Les consommateurs devraient être libres de faire de vrais choix quant à leur abonnement à l’internet. (…) Les contrats standard et les paramètres par défaut (…) sont soumis à des limites d’intérêt public (..) selon moi, l’intérêt public ne s’oppose cependant pas à ce que les consommateurs s’abonnent à des offres internet limitées, plus différenciées, éventuellement pour un prix moins élevé.

Source : Numerama.

D’après la commissaire, les Européens devraient pouvoir choisir leur offre et avoir le choix pour payer une offre la moins chers possible. Même si les mots peuvent paraitre nobles, nous savons très bien que ce n’est pas comme cela que les choses se passent. Les prix vont à la hausse avec un service minimum comme nous avons pu le remarquer avec les offres avant 2002. Le marché n’est en rien concurrentiel et les FAI s’entendaient pour offrir la même chose à un prix élevé dans le but de leur maintenir une très bonne situation économique. Nous le voyons encore de nos jours avec les ententes dans le secteur de la téléphonie mobile et le tollé face à l’arrivée de Freemobile dans ce secteur.

Seriez-vous prêt à payer plus ou moins cher ?

Il existe encore quelques offres sans les appels illimités mais c’est de plus en plus rare. La commissaire veut aller plus loin puisqu’elle n’est pas contre que vous payez plus cher si vous voulez avoir accès à Youtube, Skype ou les jeux en ligne. La commissaire oublie que les utilisateurs paient déjà un abonnement pour certains services tel que les jeux en ligne, le Replay (aux heures de pointes pour les Freenautes), ou les services payants de la VOD. Un abonnement en plus mettrait fin au développement des offres à la demande et pourrait favoriser le piratage. Même si elle n’est pas contre le bridage de protocole tel que le p2p ou autres.

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