Pourquoi faut-il taxer Google ? Ou plutôt comment ?

Vous l’avez lu partout dans les presses en ligne ou en papier, le gouvernement français réfléchit pour taxer Google et sauver la presse écrite. Quand nous lisons c’est quelques mots, nous ne pouvons pas être contre. Ca nous rappelle un certain Robin des Bois : voler aux riches pour donner aux pauvres. Le hic, se sont les pauvres.

Projet du gouvernement et de la presse :
Le gouvernement demande une concertation entre Google et la presse écrite diffusant en ligne pour imposer à Google de payer un droit d’agrégation de contenu, c’est à dire de payer un droit pour indéxer et référencer  leur contenu. C’est ce que désire mettre en place l’Association de la presse d’Information Politique et Générale (IPG) qui regroupe tous les dirigeants de la presse papier (Figaro, Nouvel Obs, Le  Monde…). Nathalie Collin, coprésidente du groupe Perdriel (Le Nouvel Obs, Rue89), envisage de réformer le droit d’auteur pour créer un droit voisin sur l’indexation des contenus en étendant le Code de la propriété intellectuelle aux articles de presse publiés en ligne. C’est ce qu’elle a indiqué dans son rapport remis au gouvernement. L’objectif est de toucher au pactole Google et de ses 1,2 milliards de chiffre d’affaires en France selon le journal « l’Humanité ». Ce projet de loi est soutenu par la Ministre de la Culture et de la communication : Mme Aurélie Filippetti. L’opposition soutenait d’ailleurs cette loi avant les élections.

Réaction de Google :
Google  ne paiera pas.
Google ne peut pas être plus claire. Si la loi est votée, il ne référencera plus les quotidiens français, soit environ 90% de la presse en ligne. C’est ce qu’il a fait au Brésil. La presse brésilienne dit bien se porter même si les discussions ne sont pas fermées depuis un an. Mais Google ne peut laisser partir Google Actualités en Europe. Ca ternirait son image de « Dieu » d’Internet. Car si nous lisons l’actualité chez son concurrent, nous serions peut être amené à faire des recherches chez lui, avoir une boite  mail chez lui et pire : cliquer sur ces annonces.

La France et le Brésil seulement ?
Non, L’Allemagne examine  ce qu’il se passe en France et l’Italie attend également.

Problèmes ? 
Il y a en a plusieurs…

La situation économique des journaux :
Tout le monde sait que la situation économique des journaux est mauvaise en France mais aucun d’entre-eux ne réfléchit à un nouveau modèle économique. Rappelons que la France soutient financièrement les journaux avec une aide d’environ 500 millions d’Euros par an. La presse française est donc sous perfusions depuis plusieurs années mais cela ne dérange personne. Le pire dans tout cela, c’est que la plupart des gros groupes dépendent de milliardaires français (Niel, Arnault…) qui n’investissent que très peu dans leurs journaux. Pourtant, certains connaissent le monde d’internet…

La presse en ligne contre-attaque :
Le syndicat de la presse en ligne SPIIL (Syndicat de la Presse Indépendante de l’Information en Ligne regroupant Slate, Ownii… ) dénonce l’hypocrisie des gros groupes. Internet et Google ne se reposent pas sur la presse française, loin de là, estime les journalistes Christophe Carron, Johan Hufnagel (Slate.fr, ancien rédacteur en chef de 20minutes.fr) et Guillaume Ledit (co-fondateur d’Owni.fr) dans une tribune publiée dans « Libération ». Comme ils le rappellent, ces gros groupes de presse vivent sous perfusion alors que leur propriétaire est milliardaire. De plus, ces sites d’informations indépendantes ont trouvé un modèle économique en ligne. Donc s’ils le peuvent, les autres aussi. Espérez que Google amène lecteurs et argent est un peu comme avoir le beurre, l’argent du beurre et la crémière. ceci renforcerait le pouvoir de Google.

Hypocrisie à son paroxisme :
Elle nous vient du groupe Perdiel avec le Nouvel Obs et Rue89. En effet, « L’Humanité » tacle son confère du « Nouvel Obs » :

D’un côté Laurent Joffrin fustige Google dans des éditos enflammés, de l’autre, le NouvelsObs temps réel exploite jusqu’à la lie le fonctionnement de Google Actu, en composant des articles selon les mots clés les plus tapés dans Google. Jusqu’à faire des dizaines de papiers sur les seins de Kate Middleton, quand c’est ce que les Français rentrent le plus dans le moteur de recherche…

Solution au problème :
Google, comme Amazon et bien d’autres, a son siège Européen en Irlande ou au Luxembourg ; là où l’impôt sur les sociétés est le plus bas d’Europe mais aussi là où les transferts de flux économiques sont les moins imposés également. Du coups, tous les contrats et achats sont régies par les sociétés dans ces deux pays. Google France, ou Amazon France ne ferait pas d’argent, et donc très ne paierait que très peu d’impôt. D’ailleurs, Google ne s’en cache pas, « il doit être compétitif partout, même dans le domaine fiscal » assure Olivier Esper, directeur des relations institutionnelles de Google France. Le problème, n’est donc pas un problème Google ou Amazon, mais un problème de la politique fiscale Européenne qui autorise ce genre d’action alors que l’Europe n’est pas dans une situation financière confortable, du moins, ces états membres.

Conclusion :
Nous voyons donc que le problème est beaucoup plus complexe. Nous avons d’un coté des pays faisant des cadeaux aux sociétés, et de l’autre coté, des milliardaires  essayant de faire sauver la situation économique de leur journal en faisant payer les autres. De tous les cotés, les lobbings y vont de bon coeur. Larry Page est venu expliquer sa vision des choses au Président de la République ainsi qu’à ces collaborateurs des autres pays. Et de l’autre, les milliardaires vont essayer de faire croire au gouvernement français, allemand et italien qu’ils ont pieds et poings liés et que la seule solution sera de mettre la clef sous la porte, avec des suppressions d’emploi : l’épouvantail que nous avons à chaque fois.

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