Internet + ados = le mélange explosif ?

Son prénom était Amanda, ou Gauthier mais ça pourrait bien être Jean, Chris, Juliette, Mohamed, ou Fatoumata… Ils ont fait la une des médias locaux mais sans exposition nationale ou internationale. Ces jeunes ados se sont suicidés à cause d’un chantage sur Internet. Mais en France, le sort des pains au chocolat est beaucoup plus important que la vie des jeunes.

Faits divers :
Deux faits divers au pourtant marqués l’opinion ces derniers jours.

Le premier, le suicide d’Amanda au Québec. A l’heure où  l’Etat se déchire pour des problèmes politico-économique, une québécoise subit le chantage d’un internaute. Après un jeu érotique sur Facebook avec un inconnu, celui-ci aurait diffusé des captures d’écran aux « amis » d’Amanda. En quelques jours, ses camarades diffusent les captures sur leur ordinateurs et smartphones. Les parents la changent d’établissement mais rien n’y fait. La poitrine d’Amanda continuera de circuler chez ses camarades. La jeune fille de 15 ans s’enfoncera dans de longue dépression et se suicidera. L’histoire aurait pu être un simple fait divers mais la jeune fille a mis en ligne une vidéo, comme un dernier appel à l’aide.

Ce mal ne nous est pas étranger. A Brest, le 10 Octobre dernier, un autre jeune se suicide à l’age de 18 ans : Gauthier. Il est allé sur un site de messagerie en ligne avec webcam. Lui aussi, c’est laissé séduire par les jeux érotiques. Lui aussi est devenu une victime. Son interlocutrice lui réclamait 200 € pour ne pas diffuser la vidéo. Quelques minutes après cette demande, il se rend dans la cabane au fond du jardin et se pend.

Internet est-il un danger ?
Dans l’absolu, non. Internet n’est qu’une image du monde qui nous entoure. Mais puisque les enfants sont au chaud chez nous, nous avons tendance à les laisser s’isoler dans leur chambre. En se disant que rien ne peut leur arriver. Sauf que nous les laissons seul avec le monde extérieur qui lui est dangereux. Les parents et les enfants ne prennent pas conscience  qu’il faut se comporter sur Internet comme si nous étions dehors. En effet, nous pouvons nous faire agresser sur le trottoir, sur la route, dans un chemin, sur un parking, dans le bus, métro, ou dans notre voiture. Mais nous pouvons aussi nous faire agresser dans un mail, à cause d’un site internet, d’une discussion filmée… Certaines personnes sont dangereuses, que ça soit à l’extérieur de la maison, ou à l’intérieur. Il n’y a pas de frontière ou de barrière pour lutter contre l’agression ou le harcèlement.

Y-a-til des sites plus adaptés aux ados ?
L’Homme peut représenter une menace pour chaque individu dans n’importe quelle circonstance. Vous voyez Facebook comme un lieu social, où les personnes en profitent pour communiquer entre eux, s’échanger les dernières nouvelles. Mais en réalité, nous communiquons avec des personnes seules, derrière leur ordinateur. Elles n’auront peut être pas le même comportement que lors d’une rencontre physique en public. De plus, la perspective de rencontrer d’autres personnes est alléchante. Nous nous sentons moins seuls. Nous discutons. Nous nous confions. Nous nous amusons. Nous vivons avec des personnes virtuelles, de l’autre coté de l’écran. Certains en profitent pour réaliser les mêmes méfaits que dans la réalité. C’est même pour certains, légèrement plus simples. Nous recevons souvent dans les boites mails des courriels  nous disants que pour des opérations de maintenance, il nous faut  donner nos identifiants. C’est l’une des attaques les plus courantes : on vous vole vos informations.
La plus naïve des idées peut devenir dangereuse si nous ne faisons pas attention. Internet a été mis au point par l’armée américaine pour échanger rapidement des informations stratégiques entre toutes ses bases dans le monde. Mais maintenant que le grand public l’utilise, Internet est devenu une extension virtuelle du monde.
Les sites de rencontres, les réseaux sociaux (Facebook, Twitter, Google +), les discussions vidéos  (Chatroulette, Tchatte.com) nous mettent en relation avec des individus du monde entier. Certains ont d’étranges idées derrière la tête.

Comment contrer le harcèlement ?
Le problème est plus complèxe que de se dire : « verrouillons Internet ». Les parents, les proches ne doivent pas fliquer les adolescents  mais discuter avec eux des problèmes et des dangers d’Internet. Mais l’amalgame est vite fait car les parents eux même ne comprennent pas le fonctionnement et les dangers d’Internet. Le plus souvent, les enfants s’y connaissent beaucoup mieux. Lorsque nous faisons une bêtise  nous nous apprêtons à tout moment à en faire les frais. Les proches, amis, parents vont nous juger avant même de pouvoir expliquer la situation. cette peur que ressentent les ados les amènent parfois à en faire une plus importante : le suicide. Mais ce problème ne touche pas uniquement les ados, même les adultes peuvent y être soumis. Nombreux sont les faits divers recensant les harcèlements sexuels ou professionnels qui se continuent sur Internet. Le harcèlement entoure la victime qui n’a plus de lieu pour se protéger. Et l’agresseur peut en quelques minutes vous ridiculiser aux yeux de vos proches.

Pouvons-nous nous défendre ?
La loi contre le harcèlement est sans cesse re-visitée comme   nous avons pu le contester cet été. Mais c’est toujours après les faits. Il n’existe pour le moment aucun moyen fiable mis à part la surveillance humaine pour nous protéger des harcèlements, que nous soyons enfants, ados ou adultes.
Le groupe d’activistes Anonymous avait même essayé de venger une victime en annonçant l’identité de l’agresseur. Mais lors d’une nouvelle tentative de justicier, ils auraient annoncé un mauvais nom. Le justicier devient alors à son tour, malgré lui, un agresseur.

Le meilleur moyen de se prévenir contre cela  et de faire sur Internet chez nous, uniquement les choses que nous pourrions faire dehors, dans la rue.

Plusieurs sites peuvent nous aider en cas d’harcèlement ou en prévention :
e-enfance.org
La CNIL
Net écoute

L'article vous a plu ? Partagez-le 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *